Merda de can ? De minuit !

Les merda de can, ou "merdes de chien", est un plat niçois dont le manque de reconnaissance est bien injustifié. Ces gnocchis verts tirent leur nom de leur forme reconnue pour favoriser l'exaltation des odeurs.

Afin de découvrir ce plat merveilleux, attelons nous donc à en cuisiner.

Voici le plan détaillé de l'une procédure qui a fait ses preuves :

  1. Trouver une recette sur internet, par exemple celle là.
  2. Se dire que quand même, 3kg de patates + 1kg de blettes + 800g de farine ça peut faire beaucoup pour 4 personnes (ou 2 qui comptent manger comme 4), mais ils savent surement ce qu'ils font.
  3. Se dire que c'est bizarre quand même qu'ils ne parlent pas du tout dans la recette de comment utiliser la farine listée dans les ingrédients, mais ils savent surement ce qu'ils font.
  4. Faire les courses au marché.
  5. Mettre les bottes de blettes dans un vase rempli d'eau pour pas qu'elles se dessèchent. Écouter l'assistant qui fait remarquer que ce n'est pas un vase, mais une boite de métal pas faite pour ça. Et qu'en l'occurrence elle fuit copieusement. Rajouter un moule à gâteau en dessous.
  6. Faire la sieste jusqu'à 20h, et se dire que ça prends du temps à cuisiner ce truc il faudrait peut-être commencer.
  7. Prévoir deux grandes marmites pour faire cuire pommes de terre et blettes. Se dire qu'il faut être pas très malin pour créer des couvercles de marmites en métal qui deviendra brulant et donc insaisissable.
  8. Plonger les pommes de terre dans une grande marmite d'eau bouillante salée. Les sortir quand elles sont cuites, c'est à dire quand elles retombent lorsqu'on y plante un couteau.
  9. Pendant ce temps, découper les feuilles de blette de façon à ne garder que le vert.
  10. Marcher par inadvertance dans le plat des chats.
  11. Plonger les feuilles de blette dans la seconde marmite d'eau bouillante salée, de façon à les y laisser blanchir. Remarquer que "blanchir" n'est qu'un terme culinaire mal choisi, et qu'elles gardent tout leur vert.
  12. Une fois les blettes cuites, les émincer le plus fin possible avec un hachoir Ikea©, et bien les égoutter.
  13. Une fois les pommes de terre cuites, les peler en se brulant les doigts. Se dire que ça fait vraiment beaucoup, 3kg. En virer quelques-unes derechef.
  14. Marcher par inadvertance dans le plat des chats.
  15. Réduire les pommes de terre en purée. Du moins essayer. Se rendre compte qu'il aurait fallu les laisser cuire un peu plus.
  16. Ajouter les blettes, les œufs, et mélanger le tout.
  17. En faire des petits tortillons, en les roulant en même temps dans la farine. Se rendre compte qu'ils tiennent pas bien et qu'ils fusionnent en un tas informe quand on les empile.
  18. Faire dorer des oignons dans une casserole avec un fond d'huile, puis y ajouter une sauce tomate et laisser mijoter.
  19. Continuer à en faire encore, et ne pas en voir le bout alors que le plat se rempli avec de quoi nourrir une armée.
  20. Vers 22h, doutant de plus en plus de la réussite de cette fastidieuse entreprise, décider de s'arrêter là et d'en cuire quelques-uns pour voir le résultat. (sans reprendre d'aucune façon la suggestion de l'assistant, suggestion que l'on aura pris soin de rejeter sèchement quelques instants auparavant).
  21. Marcher par inadvertance dans le plat des chats.
  22. Mettre donc une petite casserole d'eau à bouillir et y plonger 5 ou 6 spécimens.
  23. Éclater de rire devant le résultat.
  24. S'asseoir par terre dans la cuisine et réfléchir posément à la situation.
  25. Décider d'appeler une maman spécialiste des merda de can. Éclater de rire quand elle explique qu'il fallait bien entendu ajouter la farine dans la pâte en même temps que les œufs.
  26. Rechercher en soi-même le courage de remettre le tas déjà préparé (fruit d'une bonne heure de travail aussi méticuleux qu'acharné) dans le bol de pâte, et de tout repétrir en ajoutant cette fois-ci la farine. Et ce jusqu'à avoir les mains de Léguman.
  27. Continuer à en faire suffisamment pour 2 personnes (qui ont très faim après tous ces efforts), et les faire cuire.
  28. Se féliciter du résultat obtenu. Y ajouter la sauce qui a mijoté bientôt 2 heures, une pincée de parmesan, et déguster enfin.
  29. Mettre le reste de la pâte au frigo pour en refaire le lendemain, parce que là il est minuit et on a pu trop envie de faire ça.
  30. Le lendemain, en remanger. Mettre le reste de la pâte au frigo pour en refaire le jour suivant.
  31. Se rendre compte que la pâte ne se conserve pas infiniment.
  32. Faire un compte rendu sur internet pour que le monde puisse profiter de cette fabuleuse expérience, qui sera sans doute renouvelée.

En espérant que cette fiche recette vous sera utile. Prochaine édition, prochaine émission, on parlera peut-être des daifukus. Une préparation qui semble à la portée de notre talent.


Commentaires

MarieAnne
(05/11/2007, 14:35)
BRAVO ! j'ai eu ma partie de rigolade du jour en lisant cette merveilleuse aventure culinaire.
Mais c'est en faisant qu'on apprend, alors bonne continuation.
Kika
(27/07/2013, 14:25)
Morte de rire ! J'adore ce compte-rendu de cuisine !!! :D

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